Trésors engloutis

Les cartes au trésor de William Kidd

 

Un siècle sépare les exploits de La Buse et de William Kidd. Et pourtant, mis part le fait d’avoir été forbans puis pirates et  d’être pendus haut et court, ils possèdent bien d’autres points communs : on ne connaît pas vraiment leur véritable identité ni leur date de naissance,  ce furent de grands stratèges et de grands capitaines qui ont parcouru les mers du globe.  Ils ont laissé de passionnants indices sur l’emplacement de leur trésor et surtout, bien que sanguinaires, ils ont le privilège d’avoir fait rêver bien des générations.  Ainsi le capitaine Kidd a inspiré la nouvelle de Poe, le « scarabée d’or ». L’écrivain spécialiste des mystères maritimes Harold T Wilkins prétendait même qu’il en était la réincarnation.

 

1. Marin, armateur, homme d'affaire

William Kidd est un marin. D’abord simple pirate, il devient capitaine forban chez les Anglais. Une razzia à Marie Galante (1689) lui rapporte un large butin.[1] En 1689 on le retrouve à New York où marié,et propriétaire terrien. Mais il commerce toujours sur son bateau l’Antigua. Il crée une entreprise et obtient un nouveau contrat de corsaire (1695) qui donne  « plein pouvoir et l'autorité au Capitaine William Kidd, Commandant du navire pour appréhender, saisir et garder  …les pirates de n'importe laquelle nation…ainsi que les marchandises et richesses trouvées à bord ». Bref le voilà chasseur de pirates.

 

 

2. Du corsaire au pirate

Son  bateau, l'Adeventure Galley est une galère mixte (à voile et à rame) à tirant armée de 34 canons. Comme le butin est maigre, Kidd se mue peu à peu en pirate tout en continuant à jouer de son statut de corsaire anglais. Après plusieurs arraisonnements, dont le navire du Grand Moghol (Aurangzeb) pourtant allié des Anglais,  il décroche le gros lot au large de la côte indienne. En mettant la main sur le Quedagh Merchant, un voilier arménien chargé d’or, de pierres précieuses, d’argent, de soie, de sucre et de fusils. Par stratagème, ce navire avait hissé un pavillon français alors qu’il était en fait originaire d’un pays allié des Anglais ! Capitaine Kidd est embarrassé. Au lieu de ramener sa prise à Boston comme le stipulait son contrat, il l’emmène à l’île Sainte-Marie, repaire des pirates où il abandonne sa galère. Sur le Quedah Merchant rebaptisé l'Adventure Prize  il rejoint les Caraïbes.où il apprend qu’il est l’objet d’un mandat royal d’arrestation.

 

 

3. De bons placements "offshore"

Il poursuit néanmoins jusqu’à New York sur un nouveau sloop, l’Anthony, enfouissant d’autres richesses ici ou là, y compris sur l’île de Gardiner  (2 millions d’Euros) au long de Nord Island (île de Wight).  C’est à Boston qu’il est arrêté. Transféré à Londres on le pend le 23 mai 1701, à marée basse. La corde casse, on récupère le condamné dans la vase pour le pendre à nouveau. Après avoir été recouvert à trois reprises par la marée, comme c'était la coutume, son corps fût dépendu, cerclé de fers et de chaînes, enduit de goudron et exposé pendant deux longues années à Tilbury, un endroit où tous les marins entrant ou sortant du port de Londres pouvaient le voir et ainsi recevoir cette terrible mise en garde

 

4. La chasse aux trésors de William Kidd

Hubert Palmer est un passionné du trésor de Kidd et acquiert tous les indices possibles : en 1929 un antiquaire trouve cachée dans le « bureau de Kidd » une première carte au trésor ; en 1932 un vieux loup de mer découvre dans le faux fond d’un coffre ayant appartenu à Kidd une seconde carte ; la même année, une troisième est mise à jour dans un coffre du maître d’équipage de l’Adventure Galley ;1934 un quatrième dessin est extrait d’un coffret ; 1939 un cinquième dissimulé derrière un miroir. Ils sont authentifiés par le British Museum. Kidd a essaimé ses richesses un peu partout . D’autres cartes ont en effet indiqué des lieux probables qui excitent toujours la curiosité des chercheurs. Mais les quatre parchemins principaux dessinent un archipel île en mer de Chine. Les recherches du contemporain Albert Fagioli permettent de le localiser comme Taling Ngam,enThaïlande. Les cartes sont bourrées d’énigmes,de devinettes et de pièges, mais le trésor principal de « 20 turtles », c’est-à-dire 20 coffres (14 millions d’Euros) serait bien enterré au cœur de l’île principale deTaling.  

 

Jean-Marie Quiesse - Avril 2020

 



[1] Hewetson a écrit sur le raid dans son journal

 

Les navires engloutis de la ruée vers l'or

« It was in the year eighteen forty-nine », dit la célèbre chanson de marins « The Banks of Sacramento » que l’on trouva dès 1849 dans le cahier de chants du baleinier « La grange ». La plupart des équipages attirés par la fièvre de l’or ont déserté dès leur arrivée à San Francisco et la ville s’est construite sur les épaves de centaines de voiliers  abandonnés.

 

 

Lorsque John Sutter débarque à San Francisco vers 1840[1], il n’a trouvé que des huttes de pêcheur. C’est sur son domaine que,  le 24 janvier 1848, le charpentier James Marshall découvre de l’or. Venus de partout, armés de pelles et de simples batées, certains orpailleurs improvisés découvrent des pépites exceptionnelles. Le télégraphe annonce bientôt la nouvelle au monde entier. C’est alors que commence la fameuse ruée vers l’or et l’arrivée de centaine de milliers de « forty niners ».

 

On estime que 1.300 Bretons ont eu la fièvre de l'or[2], pour moitié des marins de Saint-Malo, Paimpol et Nantes. [3] L’écrivain Mark Twain[4] un temps prospecteur, décrit bien cette «route de la fortune» qui va s’étendre bien au-delà de la rivière Américan.

 

 

Au moment de la ruée vers l’or, le commerce maritime est florissant. Ici ce ne sont pas des trésors qui furent engloutis, mais les voiliers par centaines. En effet, si les navires affluent à San Francisco, ce que l’on sait moins c’est que la plupart de ces bateaux ne repartiront jamais. Les quais et les docks de San Francisco deviennent alors une forêt de mâts quand des centaines de voiliers y sont abandonnés. Les habitants les transforment alors en entrepôts, magasins, tavernes, hôtels et un servit même de prison23. Nombre de ces navires furent, plus tard, détruits et utilisés comme remblais afin d'augmenter la surface des terrains constructibles pour faire face à l'explosion de la demande. En effet, selon les lois en vigueur à l’époque, on pouvait couler un bateau et réclamer la terre située dessous. Les quais ont été transformés en routes. La zone située au pied de Market street était autrefois un plan d’eau et le littoral s’étendait jusqu’à l’endroit où s’élève la Transamerica Pyramid. C’est aujourd’hui la San Francisco moderne sous laquelle les travaux font ressurgir de temps à autre des épaves enfouies.

 



[1] Blaise Cendrars dans son ouvrage « l’Or »,

[2] Olivier Le Dour et Grégoire Le Clech – les Bretons dans la ruée vers l’or – Portes du large, 2012

[3] Rien que pour l’année 1849, les forty-niners (les «quarante- neuvards» ou «gars de 49») sont plus de 90 000 à gagner la région de la rivière American. En 1855, ils seront 300 000. On estime que 1.300 Bretons ont eu la fièvre de l'or[3], pour moitié des marins de Saint-Malo, Paimpol et Nantes.

[4] Dans son livre « Mes folles années »

 

Henry Morgan et l'or du Pérou

Captain Morgan est un rhum  de Porto Rico. Mais Henry Morgan, apparemment  paisible planteur de Jamaïque était en fait un cruel flibustier. Il avait hérité du surnom de Fléau des Caraïbes.  

 

Piètre capitaine vu le nombre de ses naufrages, il bénéficie néanmoins de la protection du  gouverneur anglais, sir Thomas Modyfort. Nommé officiellement amiral de 2000 flibustiers, il conquiert, pille, massacre, viole et détruit.

 

Sa plus belle conquête, à la tête de 35 navires,  est Panama, surnommé la "Coupe d'or",  port espagnol où transitaient les tonnes d’or venant du Pérou.  Anobli et nommé gouverneur de la Jamaïque, il est enterré en 1688 avec des obsèques nationales.Il avait fait don d'une partie de son trésor à des religieux. Mais où est passé le reste?

 

Selon Hervé Michel, Henry Morgan aurait caché son trésor quelque part au Vénézuéla. Une expédition Claude Kepler penche plutôt pour  l’île à vaches, ancien repaire de pirates près d'Hispaniola. L'Oxford, navire d'Henry Morgan y explosa, dit-on, dans la baie Ferret lors d'une soirée de beuverie.

 

Jean-Marie Quiesse - novembre 2018

 

Voir la video Henry Morgan et l'or du Pérou

Mouillage contemporain à l'île aux vaches

 


[1] Il a perdu quatre navires

 

L'étrange machine d'Anticythère

https://www.youtube.com/watch?v=VRug6qKbqCgLes trésors engloutis ne sont pas seulement affaires de numéraire. Très souvent il s’agit d’œuvres d’art, d’objets pratiques et parfois d’intrigants mystères. 

 

Mon hommage est dédié aux pêcheurs d’éponges de la mer Egée, et plus particulièrement au capitaine Demetrios Kondos et son scaphandrier Elias Stadiatis ou (Lykopantis).

 

Vers Pâques 1900, aux environs de l’île de Anticythère, près du redouté cap Malée, ils ont découvert l’épave d’un grand navire chargé de trésors. Plutôt que jouer les pilleurs, ils ont troqué  leur vêtement de scaphandrier pour les vêtements du dimanche afin de déclarer leur trouvaille à Athènes. Un grand merci pour leur honnêteté qui a permis de rendre à la lumière une quarantaine d’œuvres d’art dont le célèbre éphèbe d’Anticythère, œuvre originale supposée être de Lysippe[1].

 

Mais, parmi les trouvailles,  ce qui intéresse particulièrement les marins, et les scientifiques, c’est une étrange machine constituée d’une trentaine de roues dentées, de cadrans, d’aiguilles. Vieille de 2300 ans c’est sans doute le plus vieil instrument de navigation connu. Son secret ne sera vraiment découvert que très récemment : ce tout premier calculateur analogique permet de connaitre  les positions pour un jour donné de la lune, du soleil, des astres visibles. Il faudra attendre 1370 avec la création de la première horloge[2] pour retrouver une telle prouesse technologique.

 

Il est difficile de dire si cette machine était un simple instrument de navigation ou une création pédagogique permettant la concrétisation de données mathématiques. Elle est en tout cas la preuve qu’un trésor de connaissances peut disparaitre dans le naufrage d’une civilisation. Un simple navire comme celui-ci les porte sur la mer du temps  et de simples scaphandriers en font ré-emerger l’existence .

 

Visionner L'étrange machine d'Anticythère (réalisation JM Quiesse)

 


[1] Lysippe de Sicyone (v. -395 - v. -305) est un sculpteur et bronzier grec, portraitiste attitré d'Alexandre le Grand

[2] Henri de Vic

La Buse et son trésor perdu

J'avais vécu plusieurs années dans l'ombre de Olivier Levasseur dit la Buse, célébre pirate de l'océan Indien. Qui ne cherchait pas son fabuleux trésor soit disant enfoui sur l'ile de la Réunion ? Daniel Vaxelaire et Olivier Faure en avaient assuré la promotion et nombreux étaient les chasseurs dont le fameux Bibique. C'est Bernard Baudouin, grand spécialiste de l'orgue de Barbarie, qui a réanimé mon intérêt pour cette histoire loin d'être terminée. Car il est aussi un passionné de La Buse !

 

Avec John Taylor La Buse avait arraisonné, en 1721, la Vierge du Cap, un  vaisseau portugais chargé de fabuleuses richesse : rivières de diamants, bijoux, perles, barres d'or et d'argent, meubles, tissus, vases sacrés, cassettes de pierres précieuses. La Buse fut pendu en 1730 après avoir jeté à la foule un curieux cryptogramme en criant : "mon trésor à qui saura comprendre!"

 

Si tout le monde essaye de déchiffrer ce parchemin, une étude approfondie appuyée sur un logiciel original, à partir des écrits de Ch Johnson (De Foe) et surtout des écrits de Jacob de Bucquoy, hydrographe et cartographe, prisonnier des pirates, relance l'affaire du côté de Madagascar. Avis aux amateurs !

 

Le trésor de la Buse en video par JM Quiesse

 

Le chanteur Christian Delage chante "La Buse"

 

Jean Marie Quiesse juillet 2018

Les trente millions-or de monseigneur Jalabert

Après le trésors engloutis de la Buse ou du San José, voici, plus près de la France, l'histoire de l'or des Missions embarquée sur le paquebot "Afrique". Le 12 janvier1920, ce navire de la compagnie des Chargeurs Réunis, quitte Bordeaux pour rejoindre Dakar. En pleine tempête il subit une grave avarie de machines qui l'amène à fait route vers la Pallice. Il se remplit d'eau et prend une forte gite, empêchant la mise à l'eau des embarcations de sauvetage : à son bord 599 occupants.

 

Le 13 janvier, à 3 heures du matin, l'Afrique émet un dernier signe de vie par radio: « Je sombre! … Suis exactement entre les roches des Barges, le banc de Rochebonne et les  Baleines à la pointe de l'île de Ré. ». Il n'y aura que 36 rescapés. Parmi les disparus des religieux dont monseigneur Hyacinthe Jalabert, êvêque du Sénégal.

 Celui-ci transportait  avec lui 30 millions de francs en or qui gisent toujours au fond de l'eau.

 

Visionner Mémoires de l'Afrique documentaire de Daniel Duhand et Lionel Chaumet

 

Jean-Marie Quiesse. Octobre 2018

 

Sources

http://www.memoiresdelafrique.fr/memoiresdelafrique-histoire.html

 

https://www.sudouest.fr/2012/05/30/le-titanic-francais-oublie-728700-2780.php

 

http://www.gesteditions.com/auteurs/mornet-roland/

 

https://www.histoire-genealogie.com/Le-naufrage-de-l-Afrique

 

Que devient l'épave du San José et son trésor fabuleux

C’est finalement « à un emplacement auquel aucune fouille ne s’était intéressée » que l’épave du San Jose a été retrouvée le 27 novembre 2015, avait alors annoncé le président colombien. Ce sont des canons de bronze uniques avec des dauphins gravés qui ont permis d’identifier formellement le navire, près des îles Corales del Rosario, au large de Carthagène. « La quantité et le type de matériel ne laissent aucun doute quant à l'identité » de l'épave, a affirmé Ernesto Montenegro, chef de l'Institut colombien d'anthropologie et d'Histoire, cité par l'Agence France-Presse (AFP).

 

Le galion espagnol San Jose avait coulé au cours d’une attaque de la marine britannique au large de Carthagène en mer des Caraïbes en 1708. Son épave n’avait depuis jamais été localisée, malgré des recherches intensives. Ce navire légendaire renfermerait un trésor d’une valeur de plusieurs milliards d’euros.

C’est l’un des trésors les plus importants jamais perdus en mer. Les cales du San Jose regorgeraient de pièces d'or, 533 439 très exactement, avance un article de Grands reporters. Egalement à l’intérieur, « le bel argent extrait des mines du Potosi, 116 coffres d’émeraudes, des caisses bourrées de perles des Antilles et tous les joyaux du trésor particulier du vice-roi du Pérou », poursuit la revue. Sa valeur totale se situerait entre cinq et dix milliards de dollars (4,6 à 9,2 milliards d'euros), selon le quotidien colombien El Pais.

 

Depuis le trésor attend...

 

Source RFI la Voix du monde

L'or du Flor de Mar

L'or de Malacca est le titre du nouvel album des aventures de Harry Dickon, écrit par Renaud et Vandergaeghe. Sortant des complots extra-terrestres il nous conduit sur les traces du fameux Trésor de la Flor de Mar ou Frol de Mar. Cette caraque (Nef) était le plus robuste bateau de son époque. Commandé par le redoutable Alfonso de Albuquerque, grand pourfendeur d'indigènes, spécialiste des pillages au nom de la Couronne et de Dieu. Malacca fut sa plus belle prise.  Mais, revenant au Portugal,  la Flor de Mar, surchargée d'or et de pierres précieuses a fait naufrage quelque part dans le détroit de Malacca en 1511. Mais où ?

Un recensement précise que le trésor consistait en 200 caisses de diamants, des lions en or massif sertis de pierres précieuses et  le trône de la reine de Malacca.

 

Pour en savoir plus