Rhum et chansons

4 Rhum et esclavage - La trilogie noire

Le rythme chasse cette angoisse qui nous tint à la gorge

 

Léopold Sédar Senghor

 

 

Une fois n’est pas coutume. Rendons hommage à une magnifique chanson anglaise Amazing Grace, composée en 1773 par John Newton capitaine d’un bateau négrier. Son navire prêt de sombrer, il joignit son chant à celui des esclaves. S’il trouva la foi dans cette épreuve, le bateau fut sauvé.  A part Edith Piaf, Francis Cabrel, Serge Lama, Assassin,  peu de chanteurs français ont évoqué l’esclavage

 

Il est pourtant difficile d’évoquer les chansons de marins, et la trilogie du rhum sans évoquer le triste commerce triangulaire construit autour de la litanie sucre, cacao et coton. Il s’agit du « Noir passage »[1] qui déracina entre 10 et 20 millions d’Africains. Le principe était simple : les navires affrétés par les européens chargeaient les africains depuis le golfe de Guinée pour les expédier dans les plantations d’Amérique d’où ils revenaient chargés de sucre, de rhum ou d’autres denrées. Ce trafic humain porté par le commerce maritime, débuté très tôt,[2] prit fin officiellement entre 1802 et 1888, réellement en 1975 sur le dernier bastion Sao Tomé surnommée « l’île chocolat » [3] C’est là qu’avait été expérimenté un temps le système des « habitations », c’est là qu’il se termina.

 

Au cœur d’un système mondial de production et de commerce, les plantations ont créé un véritable concept urbain et organisationnel, celui des « habitations », aujourd’hui en  ruines comme le Château Dubuc en Martinique, encore en place bien qu’abandonné comme les roças de Sao Tomé. Les mémoires du Père Labat[4] donnent un précieux témoignage de ce système économique longtemps qualifié de « légitime ». L’abolitionnisme aurait été en quelque sorte un “impensé” pendant des millénaires[5].

 

La visite et l’arraisonnement des bateaux négriers commencé par les britanniques en 1808 est le fruit de l’action commencée par John Newton qui décédera un an avant la promulgation de l’acte. Cette chasse aux négriers, imitée plus tard par d’autres pays rendit le trafic de moins en moins rentable et de plus en plus risqué pour les commanditaires, ce qui contribua à son déclin. Mais les « contrats » [6] prirent souvent la relève. 

 

Et n’oublions pas les marins embarqués sur ces navires diaboliques[7], pour un commerce indigne et violent, sur fond de guerre coloniale pour la possession des îles à sucre. Ainsi le jeune John Newton fut enrôlé de force. Rappelons également le Chevalier de Fréminville, déjà évoqué lors d’une précédente rubrique, confronté aux massacres de saint Domingue situation qu’il tente de fuir le plus vite possible.

 

Mais ce qui est flagrant, c’est que les peuples asservis, méprisés, dépossédés de leur statut d'être humain, ont puisé, dans la souffrance, des musiques d'une force incroyable, l’un des seuls ponts qui les reliait encore à leurs origines. Et, côté européen, Amazing Grace de John Newton est devenu l’hymne des abolitionnistes du monde entier.

 

Jean-Marie Quiesse

novembre 2019



[1] Schembré J.M., Le noir passage, Éditeur, Saint-Laurent

[2] En 1619 un navire portuguais dépose une vingtaine d’hommes noirs à Jameston (Virginie)

[3] Cette petite île a atteint le premier rang mondial pour la production de cacao, dès le 19èm siècle

[4] Voyage aux îles d’amérique.

[5] Grenouilleau O.,  (2017).La révolution abolitionniste. Gallimard NRF

[6] Qu’importe que l’esclavage soit aboli. Des travailleurs des autres iles portugaises sont recrutés pour venir travailler à Sao Tomé. Mais une fois ici, les planteurs leur facturent le gîte et le couvert de manière à endetter à vie les ouvriers agricoles. Impossible de quitter la plantation avant d’avoir remboursé… Impossible aussi de quitter le domaine dans lequel on vit en milieu fermé et sous des règles quasi militaires.

[7] Rediker M., A bord du négrier, une histoire atlantique de la traite" traduit par Aurélien Blanchard, éditions du Seuil

 

. Rhum Héritage - Pè Labat volé chandelles

Pé Labat volé chandelles ! Voici une chanson que les petits enfants Antillais entonnaient en faisant voler des ravets sur le dos desquels ils avaient fixés des lumignons.

 

Nous avons déjà évoqué le père Labat en racontant le rhum, ce carburant maritime des siècles passés, au cours de deux rubriques : l’une sur les routes du rhum, fabrique de belles trilogies, mais aussi de héros et de célèbres chansons, la seconde sur les rimes du  rhum si proches du latin d’église. Or les procédés de fabrication du sucre et du rhum sont restés jusqu’au 19èm siècle le « système du père Labat ».

 

L’album Rhum héritage qui vient de sortir chez Robinson me donne l’occasion de présenter Rhum Héritage, un album édité aux éditions Robinson. Cette bande dessinée est la première à évoquer et illustrer le fameux Père Labat, à la fois admiré et pourtant souvent considéré comme une sorte de croquemitaine pour les enfants martiniquais à qui l’on disait lorsqu’ils n’étaient pas sages « Mi ! moins Ké faï Pè labat vini poend ou, oui ! ».

 

A t’Serstevens, grand marin et écrivain nous raconte aussi que le Père Labat tenait les flibustiers en grande estime pour avoir navigué avec eux, quelque peu contraint, pendant 52 jours à prendre des navires au canon ou à l’abordage, à chasser dans les îles, à boucaner le gibier, à trafiquer des marchandises de pillage contre de belles piastres. Leurs descendants pêcheurs, lorsqu’ils voient, de la mer, les mornes de l’île s’envelopper de nuages, se disent entre eux :  « le père Labat met son bonnet ». 

 

Le récit imagé met en scène un père Labat assez conforme à l’image qu’il donne à travers ses célèbres mémoires (Voyage aux isles de l’Amérique) et reprend avec justesse plusieurs épisodes de la vie de ce religieux qui ne craignait pas grand-chose et dont l’intérêt pour la mer et les marins est très présent. Un jour nous conterons le récit de la bataille qui opposa le navire qui le portait avec un méchant anglais qui l’avait pris en chasse.

 

Mais avant, nous parlerons du terrible système de l’esclavage et son commerce d’êtres humains. Le sous titre de l’album « Eau de vie, eau de mort », résume assez bien ce propos à l’unisson du déroulement du scénario. Car rhum et esclavage sont étroitement mêlés.

 

Jean-Marie Quiesse - août 2019

2 - Rhum et latin d’église - La rime magique

Troupede théâtre : Les hommes barriques
Troupede théâtre : Les hommes barriques

1 - Que le diable lui pardonne s’il boit du rhum à Sommethonne[1]

 

« Il n'y a rien, sans aucun doute, qui calme tant l'esprit que le rhum et la vraie religion. » (Lord Byron)

 

Il est assez simple de trouver une rime à Tafia comme la chanson Petit Bouchon. Mais, à part quelques bonhomme, gastronome, anémone, autonome ou métronome et bien sûr Rome (qui ne connaissait pas ce breuvage)… il n’est pas simple de trouver des rimes riches à rhum, à part le rhum-pomme de Juliette, les célèbres opium et Babylone[2] pour l’inoubliable encore un rhum. ou encore Somethonne de Cré-Tonnerre.  La bourrée du matelot[3] esquive totalement le problème et, même Luc Bérimont fuit la rime avec son « rhum bleu »[4] qu’il même étroitement au poivre et la cannelle pour rimer avec ruelle. Un coup de chapeau à Robert Desnos et son géranium.

 

Dans un pot de géranium

Un poisson dans l’aquarium

Géranium et poisson rouge

Si tu bouges, si tu bouges

Tu n’auras pas de rhum

Géranium, géranium

Géranium et poisson rouge

 

 (Le géranium- Robert Desnos – Chantefleur)

 

 

2 - Il n'y a rien, sans aucun doute, qui calme tant l'esprit que le rhum et la vraie religion. [9]

 

On sait que pirates et flibustiers faisaient une grande consommation de cette « eau de vie ». Le révèrent Père Labat évoque dans ses mémoires leur grande piété  « tous les flibustiers vinrent à l’offrande et présentèrent chacun un cierge avec une pièce de trente sols ou d’un écu…ils ont un très grand soin de faire part de leurs bonnes fortunes aux églises »[5]

C’est peut-être pourquoi, rhum et religion se rencontrent si bien pour rimer,  si l’on en croit les Spiritum, sanctum, ah, dominum nostrum de la chanson canadienne d’Eric Daignault[6]. Cette parenté est également évoquée à la Martinique par Chamoiseau à travers les Dits de Solibo[7] « Si l’abbé dit « et spiritu sanctus » vous répondez comme dans la chanson « Secularum c’est du rhum » et si l’abbé dit « Dominus vobiscum ? Secularum c’est du rhum ! »

 

Il est vrai que le rhum serait présent dans certaines pratiques religieuses et qu’il existe bien en Haïti un rhum « Esprit vaudou ».   A moins que le rhum en soi puise être considéré comme une religion ou tout au moins de la magie,  tant ce qui l’entoure relève du rite et du mythe : « Il n'y a rien, sans aucun doute, qui calme tant l'esprit que le rhum et la vraie religion. » disait Lord Byron. En ce sens après madame Brisson, le groupe Caribou nous enchante avec cet air traditionnel canadien je veux boire du rhum, spiritum sanctum et dominum !  C’est une assurance en cas d’ coup dur » comme chante Soldat Louis[8].

 

Jean-Marie Quiesse - décembre 2018

 

A suivre


[1] Cré Tonnerre

[2] de Renaud Detressan alias Gary Wicknam

[3] Cré Tonnerre

[4] Luc Bérimont – Je parle de la mer

[5] RP Labat, Voyage aux isles de l’Amérique,1693-1705 Duchartre, Paris, 1931

[6] Célèbre chansonnier canadien des années 1940 - On va boire un rhum.

[7] Patrick Chamoiseau, Solibo le Magnifique - Gallimard 1988

[8] Il aimait ça le vieux - C'était son trip si t'aimes mieux - I's'prenait dieu entre quat'z'yeux - Pour qu'il assure en cas d'coup dur – Encore un rhum

[9 ] Lord Byron

1 - Rhum et chansons - La trilogie mystique

Carte publicitaire de l'époque de la prohibition - Pacha - Guillaume Sciaux
Carte publicitaire de l'époque de la prohibition - Pacha - Guillaume Sciaux

Et Dieu chassa Adam coups de canne à sucre

Et ce fut le premier rhum sur terre

(Jacques Prévert)

 

Attention !  Il faut être majeur pour lire cet article consacré aux chansons du rhum. Et si vous l’êtes, surtout ne faites pas comme le Capitaine de la barrique qui met du calva dans son rhum et voit des homards à trois pinces !  L'abus d'alcool est dangereux, surtout quand il titre entre 40 et 55 degrés. Gardons donc bon pied et bon œil pour aborder cet univers tanguant mais parfumé.

 

1 - La Route du  Rhum,  fabrique des héros et des chansons

 

2018 : la Route du Rhum fête son 40ème anniversaire. Je me souviens encore de 1978 et l’inattendue apparition du petit trimaran jaune du canadien Mike Birch qui,  sortant  d’un grain, laissait pantois le célèbre Malinowski. Du rhum naissait un nouveau héros  « Tant qu’y’aura des comptoirs on aura des héros nom de Dieu » dit la chanson Du rhum, des femmes et d’la bière[1] interprétée par Soldat Louis en 1988, tout juste 10 ans après cette course fameuse.  Trente ans après, en 2008, le québécois Philippe Berghella fait un succès avec Donnez moi du rhum (et surtout jamais de glace…). 

 

2- Tous les chemins mènent au rhum

 

Le groupe québécois Corrigan Fest déclare fermement que Tous les chemins mènent au rhum.  Conséquence de la loi sur la prohibition[5], ils convergèrent effectivement vers le célèbre Boulevard du Rhum[6] (Rumrow) de 1920 à 1933. Cette période a fait l’objet de romans, films, mais aussi de très pittoresques nouvelles signées Jean Ray[7]. Et en France existe une chanson interprétée par Brigitte Bardot Boulevard du rhum.[8] (des filles, des bordels, des cinglés…Dans chaque cœur y’a un marin, au cœur du marin t’a la boule qui roule).

 

Très concrètement, à Fécamp, les très anciens se rappellent encore l’affaire du  Mulhouse[9], soulagé de sa cargaison par les pirates de l’avenue du rhum.

 

3 - Rhum, tafia et cachaça : les trilogies du rhum

 

Ah ! la chanson du Rhum  Si le punch possède  cinq composants, souvent le rhum marche sur trois pieds comme dans "Du rhum, des femmes et de la bière" dont nous avons déjà parlé. Normal, cette liqueur se décline en trois grandes catégories : tafia, rhum et cachaça. On peut aussi évoquer la trilogie pour « Des filles, du rhum et des soldats » ou "le vieux" de Michel Tonnerre , bière tabac et tafia!

 

C'est encore sous le signe du trois,  à Trinidad (Trinité) que nait une des plus célèbres chansons populaires, Rhum et Coca Cola [3].  En 1946 : Jean Sablon[2] reprend ce calypso. Très gros succès pour une traduction  édulcorée, très loin du thème original particulièrement salé : celui du manège des filles faciles tournant autour des GI.

 

En 1970, émerge avec Hugues Aufray une dernière triade, celle Des femmes du rhum et du tabac,[4]. Cette même année Georges Moustaki, solide sur deux pieds, sort la chaloupante  Donne du rhum à ton homme. 

 

4 - Yo-ho - Ho and a bottle of rhum

 

"Va chercher derrière le rhum, Darby" fut nous, dit la légende les dernières paroles du Capitaine Flint. La plus célèbre chanson sur le rhum est peut-être celle de Stevenson et Allison Yo Ho Ho, and a bottle of rum, reprise par Michel Tonnerre pour les Quinze marins. Il en existe également une version nommée Billy Bones's Fancy sur l'air de Blow the man down. Yo heave ho  est à l'origine un chant de marins destiné à synchroniser des mouvements comme celui des avirons (bateliers de la Volga.) ou des dockers (hymne de la Marine marchande américaine. Sa rythmique aurait plu à Stevenson qui l'a popularisée accolée au traditionnel Ho ! Ho. Inauguré dans l'île au trésor, repris par Allison, ce cri "Yo ho ho" devient le compagnon du rhum si, par exemple, on écoute le Rhum de Binks.  Pas de Yo ho ho pour le Cuba Libre inventé par les marins américains vers 1900 et la chanson "Rhum et Coca-Cola" dont nous avons déjà parlé.  Elle aussi, fait le tour du monde dès 1945 grâce aux Andrew Sisters.   Ici nous parlons habituellement de chansons françaises mais je ne puis résister au plaisir de citer Time flyers when you're Havin'rum
Tyme Flyes When You're Havin 'Rum

 

Aux Antilles patrie de ce breuvage,  Rhum là (sans coca) est une  incontournable mazurka de Fernand Donatien. Toujours en Outre mer, c’est à la Réunion que le traditionnel Antonia reconnaît le pouvoir apaisant d'un petit verre :

 

Quand mi boire mon rhum

Mi caresse mon marmaille

Moin mi crie’ semb li

Vive l’arak et la liberté

 

 Il se pourrait donc, si l'on en croit Verlaine dans son poème Amoureuse du diable, que le rhum et la tendresse puissent faire bon ménage :

 

Et le jour du départ, lorsque son compagnon
Dont du rhum bu de trop rendait la voix plus tendre...

 

A suivre...

 

Jean-Marie Quiesse - novembre 2018 - modifié le 23 01 2020

Voir la video Les chansons du Rhum

 
Warning ! It is necessary to be major to read this article devoted to the songs of the rum. And if you are, especially do not make like Capitaine de la barrique (the captain of the barre)l who puts Calvados in his rum and sees lobsters with three claws! Alcohol abuse is dangerous, especially when it is between 40 and 55 degrees. Let's keep a good footing and take a good look at this moving but fragrant world.

1 - The Route du Rhum, makes heroes and songs

2018: The french race Route du Rhum celebrates its 40th anniversary. I still remember 1978 and the unexpected appearance of the small yellow trimaran of the Canadian Mike Birch who, out of a grain, left the famous Malinowski stunned. With rum was born a new hero "As long as there will be counters we will have heroes name of God" says the song Du rhum, des femmes et d’la bière( rum, women and beer) interpreted by Soldier Louis in 1988, just 10 years after this famous race. Thirty years later, in 2008, the Quebecer Philippe Berghella made a success with Donnez moi du rhum Give me rum (and especially never ice ...).
2- All roads lead to rum

The Quebec group Corrigan Fest strongly states that Tous les chemins mènent au rhum. (All roads lead to rum). As a result of the Prohibition Act [5], they effectively converged on the famous Rumrow from 1920 to 1933. This period was the subject of novels, films, but also very picturesque news signed Jean Ray. And in France there is a song performed by Brigitte Bardot Boulevard du rhum (Girls, brothels, crazy ... In every heart there is a sailor, in the heart of the sailor you have the ball rolling).

Very concretely, in Fécamp, the very old ones still remember the business of the ship Mulhouse relieved of its cargo by the pirates of rumrow.


3 - Rum, tafia and cachaça: rum trilogies

Ah! the song of rum ! If the punch has five components, often the rum walks on three feet as in "Rum, women and beer" of which we already spoke. Normal, this liquor comes in three main categories: tafia, rum and cachaça.

It is still under the sign of the three, in Trinidad (Trinidad) that is born one of the most famous popular songs, Rhum et Coca Cola . In 1946: Jean Sablon [2] takes again this calypso. Very big success for a watered down translation, very far from the original, particularly salty theme: that of the easy girls' circus around GIs. We could have donned the song of this other trilogy "Girls, rum and soldiers"!

In 1970, Hugues Aufray emerges a last triad, that of the women of Des femmes du rhum et du tabac That same year Georges Moustaki, solid on two feet, takes out the chaloupe Donne du rhum à ton homme  (Give some rum to your man).

4 - Yo-ho - Ho and a bottle of rum

The most famous song about rum is perhaps that of Stevenson and Allison
Yo Ho Ho, and a bottle of rum taken by Michel Tonnerre for the Quinze marins (Fifteen sailors). I do not know why, but the cry "Yoho ho ho ho" seems linked to the use of this drink if we listen to Rhum de Binks (Binks' Rum). No Yo ho ho for Cuba Libre invented by American sailors around 1900 and the song "Rum and Coca-Cola" of which we have already spoken. She, too, went around the world in 1945 thanks to Andrew Sisters.

In the West Indies homeland of this drink, Rhum là  (without coca) is a must-have mazurka of Fernand Donatien. Always in the sea, it is in Reunion that the traditional Antonia recognizes the calming power of a small glass:

When I drink my rum
Mi caress my brats
Moin mi crie 'semb li
Long live arrack and freedom

 It is therefore possible, if Verlaine is to be believed in his poem Amoureuse du devil, that rum and tenderness would go hand in hand:

Et le jour du départ, lorsque son compagnon
Dont du rhum bu de trop rendait la voix plus tendre...
And the day of departure, when his companion
Whose rum drank too much made the voice softer ...

 


[1] Auteurs: Wicknam Gary - Compositeurs: Wicknam Gary, Danet Serge - 1988

[2] Jean Sablon " Rhum et Coca-Cola " rumba chantée de Jerri Sullavan,Paul Baron,Francis Blanche

[3] Créé par Lord Invader et lancé par les Andrew Sisters

[4] album Hugues Aufray & his Folks (1970)

[5] La prohibition promulguée aux Etats-Unis le 28 octobre 1919 par le "Volstead Act", appelée "Loi sèche"

[6] Pendant la Prohibition (1919-1933), les mafieux Al Capone, Lucky Luciano et Meyer Lansky ouvrent boutique à Cuba. La mer des Caraïbes devient la Rum Row (« l’Avenue du rhum »), route des cargaisons illégales d’alcool à destination des Etats-Unis. (source Le Monde 2010)

[7] Jean Ray – Les derniers contes de Canterbury  (1944)

[8] Chanson du film de R Enrico - (des filles, des bordels, des cinglés…Dans chaque cœur y’a un marin, au cœur du marin t’a la boule qui roule).

[9] Navire affrété par les armateurs locaux, surchargé d’alcools et arraisonné, selon les termes de Pierre Mac orlan, par les pirates de l’avenue du rhum