Le Virgule, bars, et autres Boîtes à chansons

La grande aventure des tavernes et autres cabarets de terre et de mer

Peters Bar ou Café Sport - Horta
Peters Bar ou Café Sport - Horta

Il n’y aurait pas de désir d’aventure sans les récits, les rumeurs et les chansons qui alimentent les rêves. Dans les lieux où ils circulent, le réel et le merveilleux se mêlent pour sortir des pistes, franchir le fleuve ou traverser la mer. Et parmi les écrans où l’aventure se projette, je m’arrêterai sur les cafés.

 

De la taverne de la Pomme de pin au Flore et autres cafés des Surréalistes, sans oublier le Café de l’Aventure (Paris), ces lieux communs, parfois célèbres, deviennent des cercles magiques. Parmi quelques lieux mythiques propres aux marins citons : le « Bar de la Marine » de la trilogie César Marius, Fanny, l’Amiral Benbow de Stevenson mais aussi tous ceux que ressuscite Pierre Mac Orlan, La Longue vue, le Bon chien jaune, l’auberge du Père Vacher » (Dieppedalle), et, à Rouen : le « Critérion Bar » le Nielsen, l'Albion Bar, le Café Steuerer, le Polaire Star…

 

1. Cafés du coin, café des lointains

 

Balzac définira le cabaret comme « la salle de conseil du peuple ». Car c’est un endroit de contact humain et d’échanges. Cafés du coin, des popotins, certes, mais aussi cafés des lointains à l’image de la Petite Vache de la rue Mazarine (Paris), melting pot de savants, d’explorateurs, d’aventuriers et d’artistes. Cafés du port que les marins  surnommaient souvent le Rade. S’y croisent des mondes et des senteurs d’ailleurs. Tous les possibles s’y mêlent à l’image de la taverne des Nouveaux Contes de Cantorbéry de Jean Ray, à bord du Mermaid ancré au large des côtes américaines où l’on déguste les élixirs de folie sur la Rum Row en écoutant les "airs meurtriers" du Jazz Band, sans oublier la Belle Guinguette, le bar de Jarvis et le Chinois rusé.

 

 

2. Cafés maritimes, cafés mythiques

 

On trouve aussi de ces nombrils dans le monde maritime un peu partout sur la planète : le Basils’bar de Moustique, Mermaid des îles Scillys avec le New Inn, Mango Bay du Marin, le Club Nautico de Mindelo, Peters’ Bar ou Café Sport des Açores, Ti Beudeff à Port Tudy (Groix) où Michel Tonnerre créa Djiboudjep, le Cunningham à Saint Malo, le Bar de l’escadrille à Port Joinville, le Bar de la Marine à Ti Maria, Select à Gustavia,  Micalvi à Puerto Williams, le Café du Port à Lomener, Kerroch Café à Ploemeur, Chez Gaud à Loguivy de la mer, la Peau de l'Ours à Port Louis, lieu de prédilection des Premiers de bordée.  Réels ou imaginaires certains ont fait l’objet de chansons et de poésies comme le Restaurant La Falaise à Yport, chanté par Pierre Yves Gien. Pour écouter des chansons sur ces cafés, voyez là.

 

3. Lieux d’observation des mouvements du monde

 

L'estaminet est souvent considéré comme une vigie prophétique d’observation du monde comme l’imaginaire Deep Café de Montréal de Léonard Cohen (1964) dont il disait « De mon café profond, je scrute le paysage tranquille » tout en prédisant qu’il en sortirait bientôt « une salve de chansons folk parlant de liberté et de mort ». Les nombreuses Boîtes à chanson ont en effet défendu la langue française et l'autonomie du Québec, comme La butte à Mathieu, Chez Bozo ou encore le Patriote. Elles ont révélé des Leclerc, Léveillée, Ferland, Charlebois, Vigneault, Lévesque, Mirville Deschêne, DesRochers… Dans les régions françaises on peut citer Le Virgule de Jean-Marie Quiesse et la Prairie de Caen (Jacques Lebouteiller, Serge Langeois), Kloz-en-Douët près de Lorient avec Lucien Gourong, l'Arpège de Guy Tudy à Rennes, les Baladins d'Auray et le Bateau Lavoir de Nantes, La Closerie, la Scala, le Neptune, le Pet au diable, Si les vaches avaient des ailes, le Stirwen...

 

 4. Le temps des Goguettes et de leurs descendants

 

Ainsi, tavernes, Estaminets à bière, sulfureux cafés-caveaux, bistrots, joyeuses Goguettes, cafés concerts, cabarets rive droite, cabarets rive gauche, tous furent des lieux où l’on fumait, ripaillait, mais aussi où l’on chantait. On y brocardait l’église, le gouvernement. Des milliers de Goguettes ont d’ailleurs donné un genre particulier de chanson décapante et politique : Dansons la capucine (Carmagnole), Frère Jacques (JPH Rameau), l’Internationale (Potier) et la célèbre Chanson du Carnaval de Dunkerque. Un de ces derniers établissements encore ouverts est celle de Noëlle Tartier à Ivry, le Limonaire qui a failli disparaître avec sa patronne en 2017. Là se produit encore Françoise Mingot-Tauran dite Fanfan, grande poétesse de Goguettes. (voir son ouvrage "Quand sera venu le temps des Goguettes" éditions Wallada).

 

On n'arrête pas la chanson ! L'interdiction des goguettes sous Napoléon III va profiter à une nouvelle prolifération, celle des Cafés Concerts (300 à Paris),  héritiers des Cafés chantants dont  le Géant, boulevard du Temple, est l'exemple même. Ces lieux d'inspiration carnavalesque donneront naissance au Music-halls tels l'Olympia ou les Folies Bergères. Et parlons aussi des Guinguettes où l'on chanta aussi "le Temps des Cerises comme dans le film Casque d'Or .

 

Le sam'di soir après l'turbin l'ouvrier parisien

Dit à sa femme comme dessert

J'te paie le café concert

 

5. Le temps des cabarets artistiques

 

 Et puis viennent les "cabarets artistiques" où le texte prime sur le spectacle comme au Chat Noir ou au cabaret du Néant à Pigalle. Richepin, Couté, Dranem, Rictus ou Bruant y excellent  Au XXème siècle,  faisons un arrêt au Tabou, à la Rose Rouge, Chez Tonton, le Petit théâtre de nuit, au saint Yves, le Lapin à Gilles, la Vie Parisienne, au Bateau Ivre, au Saint Germain, à l'Echelle de Jacob,  chez Georges, à la Contrescarpe, à l’Écluse, au Bœuf sur le toit, au Don Camillo, au Cheval D'or, au Quod Libet, chez Milord Larsouille, à la Colombe, chez Moineau, Méphisto, Ma Pomme, chez Solange, l'Amiral, la Villa d'Este, le Drap d'or, le Bar Vert, les Trois Baudets, gipsy's, Patachou, l'Echanson, le Club du Vieux Colombier, le Plancher des Vaches, les Assassins, le Trou, la Tomate, les Trois Maillets, la Fontaine des Quatre saisons, la Polka des mandibules, le Tobago Circus, l'Arlequin, l’Étable, la Peau de Vache, le Diable à Quatre, la Grignotière, le Wagon, la Bolée, le Champo, le Roméo, le Latin, l'Arche de Noë, le Villon, la Grande Séverine, chez Papille, le Caveau des Oubliettes, la Chanson Galande, le Bidule, le Petit Pont, le Caveau de la Terreur, la Mercerie, la Méthode, le Pénitencier, la Puce, le Lorientais, la Vieille Grille, l'Ecole Buissonnière, le Bus, la Cabane Bambou, Ti Joss et beaucoup d'autres  . 

 

Juliette Gréco, Léo Ferré, Serge Gainsbourg, Jacques Brel, Georges Brassens, Guy Béart, Barbara, Jean Ferrat, Catherine Sauvage, Anne Sylvestre, Colette Renard, Mouloudji, Marcel Amont, Les Compagnons de la Chanson, Claude Nougaro, Henri Tachan, Georges Moustaki, Serge Reggiani, Raymond Devos, le mime Marceau , Ricet-Barrier, les Frères Jacques, Jacques Douai, Hélène Martin, Serge Lama, Jean Yanne, Boby Lapointe., Hélène Martin, Jacques Doyen, Anne Sylvestre, Paul Villaz, Bernard Haller, Pauline Julien, Monique Morelli, Jean Ferrat, Marc Ogeret, Pia Colombo, Maurice Fanon, Francesca Solleville, Romain Bouteille, Virginie Vitry , Pierre Perret, Roger Riffard, Luce Klein, Christine Sèvres,  Greame Allwright, Anne Vanderlove, Georges et Jean-Luc , Monique Morelli , Jean-Marie Vivier, Guy Bedos, Paul Préboist, Pierre Louki, Boby Lapointe, Maurice Fanon, Christine Sèvres ou encore Béatrice Arnac , ainsi que Jacqueline Danno , Pierre Dac, : Boris Vian, Jeanne Moreau,Henri Salvador, Jean-Roger Caussimon, Jacqueline François (1948), Raymond Devos, Félix Leclerc (1949), Mouloudji, Fernand Raynaud (1951), Juliette Gréco, Georges Brassens (1952), Catherine Sauvage, Jacques Brel, Philippe Clay (1953), Jean-Claude Darnal, (1954), Guy Béart (1957), Boby Lapointe (1960) ... et autres Serge Gainsbourg, Lény Escudéro , Jean Nohain, Maryse Martin . ... se sont produits sur ces scènes minuscules.

 

6. Rade, cafés et bars de la marine, échos des Rumeurs de la mer

 

Les marins utilisaient donc un nom bien à eux pour qualifier leurs cafés : le Rade.Une exposition au Musée maritime de Douarnenez (2020) nous rappelle qu'autour de chaque escalier d'immeuble se regroupaient les famille d'un équipage et qu'un café s'ouvrait au rez de chaussée, presque toujours tenu par une femme. Là se retrouvaient les marins, là reposait leur paye  que l'on partageait à même les tables chaque mois. Par leur nombre et leurs évolutions, les bistros témoignent des mutations sociales du XXe siècle. Ils étaient 400 en 1920 sur Douarnenez, 260 en 1956, quelques dizaines aujourd’hui. La généralisation du chèque bancaire et de l'automobile où les femmes attendaient sur le quai  le retour de leur époux a fait perdre au café son rôle de banque populaire et l'habituelle transmutation des liquidités monétaires en vin rouge.

 

Reste que le bistrot reste un lieu refuge bien stable avec son décor particulier d’acajou, de cuivres, d’ancres, de cordages et d’objets improbables bien dépeints par le scénariste et comédien Jacques Probst lors de sa rencontre avec Cendrars :

 

« La porte de la «Goélette bleue» franchie, on entrait dans la pénombre des fonds marins, seul éclairage d’une salle tout en longueur qu’un comptoir de zinc sur son flanc longeait sur sa moitié. Pas de musique, mais, de temps en temps, la plainte modulée, ou le chant d’une jeune baleine à travers l’océan, et le chant, ou la plainte modulée, d’une vieille baleine pour lui répondre. De vieilles vergues vermoulues suspendues en haut des murs descendaient pour les tapisser des voiles déchirées bleu pâle. Le mur du fond, que ne masquait aucune voile, semblait avoir éclaté sous l’intrusion dans la salle d’une tête de cachalot grandeur nature et «taxidermisée», une tête grosse comme ensemble trois éléphants tout entiers ».

 

7. Du bistrot au lupanar : l'exemple du Grand Monde

 

Parmi les lieux célèbres de rencontre des marins, un dernier souvenir pour le "Grand Monde" de Cholon (Saigon). Une ville dans la ville aux murs jaunes,  situé rue des marins ! Un "ensemble architectural peu ordinaire, fait d'une série de bâtiments différents, très vaste quadrilatère tenant à la fois du marché couvert, du parc d'attractions, du salon d'affaires et de la maison de rendez-vous, sorte de Ritz et de Magic City" (CH Favrod le Temps). Plusieurs étages avec ses galeries donnant sur la grande salle de jeu où descendaient les paniers contenant les mises et remontaient rarement la fortune.

Jean-Marie Quiesse

Mai 2020

 

La goelette bleue de Nice

Simple bar, boîte à chansons ? Qui se souvient de ce bar maritime?

 

Le comédien,et écrivain romand, Jacques Probst qui compte sa visite à la "Goelette bleue". "Nous avons quitté par son arche à la mer le Cours Saleya pour nous retrouver sur le port du Vieux-Nice. Là s’ouvrait le grand bar de la «Goélette bleue» où j’emmenais Cendrars à mon bras...La porte de la «Goélette bleue» franchie, on entrait dans la pénombre des fonds marins, seul éclairage d’une salle tout en longueur qu’un comptoir de zinc sur son flanc longeait sur sa moitié. Pas de musique mais, de temps en temps, la plainte modulée, ou le chant d’une jeune baleine à travers l’océan, et le chant, ou la plainte modulée, d’une vieille baleine pour lui répondre. De vieilles vergues vermoulues suspendues en haut des murs descendaient pour les tapisser des voiles déchirées bleu pâle. Le mur du fond, que ne masquait aucune voile, semblait avoir éclaté sous l’intrusion dans la salle d’une tête de cachalot grandeur nature et «taxidermisée», une tête grosse comme ensemble trois éléphants tout entiers.

 

Une fois installés au comptoir devant nos verres, Cendrars me raconta l’histoire authentique de la «Goélette bleue», un brick pirate incendié et coulé avec son équipage et commandant en mer du Nord, au large de Harlem dont six heures plus tôt, la goélette au drapeau noir avait quitté le port. Je connaissais ce bar du port, mais Cendrars, qui jusqu’alors n’y était jamais entré, ignorant son existence, connaissait l’histoire de son enseigne. L’ayant écouté, j’ai compris plus tard que la question n’était pas de croire ou non Cendrars, mais de le croire."

 

Mais faut-il croire Jacques Probst ? Source Le Temps

 

Jean-Marie Quiesse

Avril 2020

Le Virgule

Créé à l'origine par Richard Reymann, ce cabaret à chansons a ouvert ses portes  à Caen (Calvados) en 1967 sous la direction artistique de Jean Marie Quiesse. Au départ de Jean-Marie Quiesse, en 1970,  Denis Wetterwald a repris un temps le flambeau pour le passer à Serge Langeois en 1973. Celui-ci l'a dirigé jusqu'en 1978, continuant dans la même veine de programmation. Henri Tachan, Georges Chelon et Maurice Fanon s'y sont produits. Luc Bérimont, poète et réalisateur de l'émission "La Fine Fleur de la chanson française" disait de cette expérience : Nous avons découvert Le Virgule, c'est une pépinière d'artistes, un exemple unique. Ils ont fait un travail considérable. Beaucoup des artistes de l'époque ont mené une très belle carrière. De nombreux contacts ont eu lieu à l'époque avec "Les Baladins" d'Auray (puis celui de Nantes), et surtout avec l'autre cabaret caennais "La Prairie" ouvert par Jacques Lebouteiller.

 

 

Jean Marie Quiesse 1967
Jean Marie Quiesse 1967

1967 - Jean-Marie Quiesse - Jean Marie Vivier  - Jean Yves Bechu - Michel Bisson - Jacques LuleyJacques Lebouteiller -Jean Luc Polydor - Allanic - François Perret - Dominique Vaquer - Yves Gabin - Marie Odile Luley

 

1968 - Sylvain lebel - Michel Lucet (Eusèbe) - Jacques Bidard - Gilbert Nicosia - Guy Deseglises - Sylvain et Lebreton - Jean Guy Lemonnier - Philippe Gaubert  - Jacques Bertin  - Guy Tudy - Gilles Fournel  - Jacques Sammy  - Denis Wetterwald - Chanig Ar Gall - Emilio Ortiz - Jean Madd - Paul André Maby  - Jean Derlen - Anne Marine  - Jacqueline Liais - Pierre Gosselin - Michel Lamotte - Colette Magny  - Monique Esmer - Jacques Godin - Martial Murray - Catherine Derain. Les Trois Huit - Allex Foulquier - Danielle Thevenot - Jean Marie Pitron - Gilbert Macé - Jean Marie Frin - Gilles Guerin

 

1969 - Jacques Doyen - Jehan Jonas - Jacques Marchais - Gilles Elbaz - Jacques Serizier  - Jean Leturgie - Emmanuel Dilhac - Marie Noëlle - Andrew Mahoux - Patrig Le Masson - Philippe Morin - Claudine Lasserre - Lena LescaJean Yves Luley - Jean Max Brua  - Jean Vasca  - Yves Albert - Jacques Jaeger - Hubault - Michel Bisson - Les peintres : P Gosselin - J Liais - MM Gain - J Jeger - j Hubault - le poète et écrivain Roland Bosquet.

 

1970 - Alan Stivell - Jean Luc Juvin - José Branco - Paul Villaz - Jean Moiziard - Claude Fonfrède - Jacqueline Dorian - Yves Philippe - Roland Bosquet - Sylvie Beaudouin -Bernard Bitot - Jean Claude Lefèvre - Jean Marie Leloutre - Peintre : : Claude Quiesse

 

 

La Closerie – Un Olympia de campagne

Au  Julos Beaucarne le qualifiait "d’Olympia de campagne" ! Au milieu des roses voici La Closerie un théâtre rural logé dans un ancien presbytère que ses propriétaires, amoureux d’art et de poésie, ont transformé en un haut-lieu du spectacle vivant dans l’Yonne. L’emménagement s'est fait en novembre 2006 et le premier spectacle s'est donné le 15 décembre de la même année.

 

La Closerie est  animé par Gérard André et sa femme, Andrée. Gérard André est un auteur compositeur interprète connu particulièrement pour ses interprétations de Ferrat et Aragon.

 

La programmation y est variée avec de la musique, de la chanson, du théâtre, de la danse et  des expositions. Un évènement festif, les  Etaisiades ont lieu chaque année. Ce festival en est à la 12ème édition.

 

La Closerie le Film

Hommage à l'escale de la Closerie par Charles Dumont

 

Gérard-André et Andrée
Théâtre de la Closerie
17 route de Clamecy 89480 ETAIS-LA-SAUVIN
Tél : 03 86 47 28 16
Mail: lacloserie1@orange.fr
Site web : www.lacloserie-spectacles.fr

 

Le Stirwen d'Alain Barrière

Alain Barrière crée le Stirwen en 1977 (« étoile blanche » en breton), un théâtre-discothèque-restaurant situé à Carnac (56). Entre théâtre et boîte de nuit à 4km de la mer, c'est un endroit où se "rencontrent le beau et le noble pour des gens de goût".

 

Le concept est de créer un « point de rencontre », un "temple de la fête",  entièrement dédié à la culture et à la fête. L’artiste a dessiné et redessiné les plans du complexe pendant trois années, trois années au cours desquelles il a également sillonné la Bretagne à la recherche de pierres d’exception. Le bâtiment se veut entièrement en vielles pierres (granit et pierres d’églises), orné de multiples vitraux en toutes ses ouvertures, et cependant résolument moderne de par les formes originales arrondies et une configuration complétement originale.

 

A la fin des années 70, Agnès (dite Anièce) la jeune et très créative épouse d’Alain lance les soirées à thème et les fameux « mini show » du Stirwen. Les Nuits Blanches et Kénavo Noz, désormais mythiques. Nous sommes en 1975. Michel Drucker, Robert Charlebois, Johnny Hallyday, Serge Lama, Brigitte Bardot... Les plus grandes stars passeront. C'est leur fille, Guenoëlle qui ré-ouvrira le lieu en 2018.

 

Jean-Marie Quiesse - décembre 2019

Les Baladins d'Auray

C’est au numéro 17 de la rue du Petit Port que Patrig Le Masson et Claudine ont ouvert le cabaret les Baladins. Dans ce lieu mythique se sont produites les plus grandes vedettes de la chanson française rive gauche : Hélène Martin, Francesca Solleville, Gribouille, Paul André Maby, Jean-Marie Vivier. Patrig chantait souvent lui-même et un de ses textes fétiches était Fanny de Lanninon de Pierre Mac Orlan et Marceau.

 

C'est en 1967  Patrig le Masson a invité Jean-Marie Quiesse pour un long séjour aux Baladins de Saint Goustan d'Auray où on chantait tard dans la nuit, où l'on buvait pas mal aussi et où nous faisions des croques monsieur grillés sur le feu de la grande cheminée.

 

Et puis ce cabaret a émigré vers Nantes pour devenir le Bateau Lavoir les Baladins. Un véritable bateau-lavoir qui se gondolait  allègrement au rythme du passage des péniches. Avec Soazig ils en ont fait une petite merveille nautique et surtout un nouveau haut lieu de la chanson française.  C’est en novembre 1968 que j’ai participé à la soirée d’ouverture du « Bateau Lavoir les Baladins » amarré sur les bords de l’Erdre. Mais ceci est une autre histoire.

 

Jean-Marie Quiesse

septembre 2019

 

La scala de Paris

Jacky Scala était un auteur compositeur interprète. Dans les années 1960 il tenait avec Denise, La Scala,  un bistrot du quartier Latin, près le la Contrescarpe. C'était un "café théâtre" où de nombreux chanteurs ont débuté et où, après leur tournée du quartier ils se retrouvaient pour finir la nuit en chansons : Théophile, Germinal , Juvin, Lavilliers, Anne Vanderlove...

La Scala 

 

Jean Marie Quiesse

Juillet 2019

Ti Jos haut lieu de la culture bretonne

 

Haut lieu de la culture bretonne à paris et créé en 1937 à Montparnasse, le Ti Jos se situe d'abord rue Vandamme. En 1972 la crêperie émigre rue Delambre.

Elle est considérée comme une ambassade bretonne à Paris. Dans l'ancien Ti Jos se rencontraient les gens de Bretagne de toutes opinions politiques et le dimanche midi, le repas se terminait par un « fest-deiz ».

 

A partir des années soixante Yves Ollitrault fils organisait des petits concerts qui contribuèrent au départ au renouveau celtique avec des chanteurs comme Glenmor, Alan Stivell, Gilles Servat, etc. et des écrivains tels Xavier Grall, Morvan Lebesque.

 

 

Les années 70, ont vu défiler  les grands groupes irlandais (Chieftains,  Dubliners, Christie Moor, Wolfe Stones). Après leur passage à l'Olympia, ils venaient passer leur soirée au Ti Jos et terminaient toujours par un « bouf » avec tous les musiciens bretons.

 

Aujourd'hui le Ti Jos permet toujours aux jeunes musiciens de se produire et de se faire connaître et reçoit aussi d'autres artistes comme les Nouveaux Réalistes (Raymond Hains, Jacques Villeglé, Pierre Restany).

 

Jean-Marie Quiesse - février 2019 (à partir du texte d'annonce du restaurant)

 

Le Café du port - Lomener

Ce café au style typique est un haut lieu de la chanson. Si le vendredi est consacré au karaoké, Mario, le "super" patron organise des concerts toute l'année. Les chants de marins y sont, bien sûr, à l'honneur.

 

Lomener, c'est où ? Mais en Bretagne, à 56 270 Ploemeur, 5 rue du Grazu. 02 97 78 83 96

https://www.facebook.com/cafeduportLomener

Si les vaches avaient des ailes - Espace Matthieu Côte

Il s'agit d'un Café concert ardéchois fondé par Pascal Valy et ouvert le 6 avril 2018. Il a donc  plus de 4 mois d’existence (4 mois de rodage) , 6 concerts, 2 mini résidences, 3 expositions, un blind test, un piano chantant….

 

« Si les vaches avaient des ailes », c’est aussi une façon de renouer avec  le plaisir de provoquer la rencontre entre les artistes et le public, le plaisir de la découverte, le plaisir de refaire le monde dans un espace de convivialité chaleureux et intime, le plaisir de mélanger les genres artistiques.

 

« Si les vaches » c’est enfin l’envie de proposer un espace de diffusion multiple : résidences artistiques, concerts, expos, spectacles jeune public…

 

Il s'agit d'un hommage au chanteur Matthieu Côte.  De la musique, des expositions, rien que de la bonne chanson.

 

236 Route Des Fonts Du Pouzin à Rompon.
 09 54 00 01 25

Le Pet au diable

Le Pet au Diable était un cabaret situé aux Matelles avec Maurice Hamon. Mais oui, vous voyez bien, une petite commune de l'Hérault (34) tout près du Pic st Loup. C'est là que Jean Pierre Lesigne a créé dans les années 1960 un lieu de happening poétique permanent éclaboussé de chansons et de standards de jazz. C'était une auberge moyennâgeuse accueillante. Jacques Brel y avait ses habitudes tout comme Brassens, Johnny Halyday, Sylvie Vartan, Léo Ferré, Hugues Aufray, Richard Antony, Leny Escudero, Maxime Leforestier, Charles Trenet. Michel Marre dit que c'était un des rares endroits où l'on pouvait jouer jusqu'à l'aube...

 

Plus dinfos

Le Neptune à Alençon

Il a été créé par Didier Geslain Haut lieu de la chanson française, le cabaret Neptune d'Alençon se souvient. des années 1979 à 85. Ferré, Lavillier, Beaucarne...Les plus grands noms de la chanson y sont passés.

 

Ce fut un bar à chansons, proche de ce qui peut exister au Québec. Un moyen terme entre l’austérité de Chez Georges rue des Cannettes et le chic de La Tête de l’Art. 135 artistes se sont produits au Neptune le plus souvent soutenus par des musiciens de renommée nationale, voire internationale.

Tout savoir sur le Neptune