Fortunes et récits de la Mer

Le naufragé du Pacifique : c'est arrivé un 7 mai

Vous êtes vous jamais imaginé, en plein Pacifique, seul, sans mât, sans radio, sans balise de détresse ?

 

Ulysse, notre jeune marin ne voulait pas y croire « C’est pas possible, on va revenir cinq minutes en arrière et tout sera comme avant… ».  Mais voilà : le mât est bien brisé net, les gréements sont emmêlés sur le pont, le génois traine dans la mer. Bientôt l’éolienne ne sera plus qu’un souvenir : un cauchemar !

 

 Ulysse convoie l’Argo, un Ovni  31, un quillard de 9,50 mètres. Les Marquises sont au nord-est de Tahiti.  On compte 850 miles nautiques soient 1400 kilomètres, entre sept et huit jours de navigation.  Il fait escale à Rangiroâ dans les Tuamotu qu’il laisse le mardi 25 avril 2017  En franchissant la passe, il ressent un « immense sentiment de liberté ». Face à lui, c’est un véritable désert maritime, loin de tout, au cœur d’un océan Pacifique qui ne l’est pas toujours.

 

L’Argo navigue avec grand-voile et  génois Ulysse est empli d’un « sentiment de plénitude ». Voilà maintenant 5 jours qu’il navigue. Ce dimanche 7 mai il est 9 heures du matin. Ulysse sommeille dans le cockpit.  Et soudain, il entend dans son sommeil « un gros craquement et un grand « blam ». Il s’aperçoit avec stupeur qu’un tronçon du mât Selden, brisé, surnage à côté de lui. Sur le pont c’est un véritable chaos. Il va falloir sortir de là. Alors, attaché par une ligne de vie,  commence la plongée pour dégager ce qui peut l’être, notamment le génois, puis libérer le pont. Heureusement, à part la très forte houle dans laquelle le voilier joue les ascenseurs,  il fait beau. Retour à bord : impossible de faire fonctionner la radio, mais, surprise,  la position de l’Argo s’affiche sur le GPS qui fonctionne toujours : 300 kilomètres des Marquises ! Pas question d’y parvenir avec seulement 20 heures de fuel.

 

Alors s’amorce un lent retour vers les Tuamotu, avec une voile de fortune et l’utilisation très parcimonieuse du moteur. Le bateau roule beaucoup.  La dérive sud-ouest se trouve également contrariée par de nombreux grains. Une fuite de fuel dans les fonds empoisonne l’air. Surpris par le son de sa propre voix lorsqu’il se parle, Ulysse craint de sombrer dans la folie. Mais les mauvaises pensées s’effacent devant la nécessité de tenir et garder espoir.

 

Après six jours de dérive, sans croiser aucun navire,  apparaît enfin une terre. C’est l’île de Takaroa, un petit paradis de 400 habitants où il reçoit un très bon accueil. Après s’être longtemps rationné, il dévore enfin un grand plat de pâtes, puis appelle sa famille et ses amis. « Lorsque j’ai mis le pied sur l’île, dit-il un chien s’est mis à aboyer. Je pense que j’avais une espèce d’aura extraordinaire. J’ai regardé ce chien, il a arrêté direct de m’aboyer.  Avec un don de 200 litres de gas-oil, Ulysse est rentré à Tahiti.

 

Jean-Marie Quiesse - janvier 2019

 

Ecouter et voir en video : Le naufragé du Pacifique

L'aigle du mont Ida - Une histoire vraie de rencontre divine

Un récit véridique du Commandant Quiesse

 

Ce matin là, le cargo longeait la côte Sud de la Crète et le soleil hivernal brillait de tous ses feux, éclairant de rouge à son lever, les sommets de la Crète couverts de neige jusqu'à mi-pente.

 

 Du Cap krio à l’Ouest, jusqu’au Cap Goudoura, ils longea les falaises à quelques centaines de mètres de distance, la côte étant acore, juste sous le mont Ida où naquit Zeus. Le commandant sur l’aileron de passerelle achevait son quart.

 

Il vit alors un immense oiseau descendre de très haut. Les rémiges de l’extrémité de ses ailes se redressèrent en s’écartant. C’était un aigle immense qui se posta dans le vent, tout près. La bête de deux mètres d’envergure était maintenant immobile, et fixait un commandant fasciné.

 

 Ils restèrent ainsi cinq bonnes minutes immobiles, l’un observant l’autre. Le vent siffla contre le plumage de l’oiseau divin. Il ouvrit le bec, émit un petit cri, pencha à droite et à gauche comme un avion qui salue et repartit vers le sommet de la montagne. Le commandant saisit les jumelles pour le voir diminuer jusqu'à devenir un point dans l’azur,  disparaissant vers le sommet du Mont Ida, là où, dit-on est né Zeus, le dieu des dieux qui venait de se manifester.

 

Jean-Marie Quiesse - Janvier 2019 - D'après un récit du Commandant Guy Quiesse
 

Voir L'aigle du mont Ida mis en images par JM Quiesse