Cinéma de la mer et des marins

10 films  en immersion...

 

« Chargez les tubes ! Assiette à -30 ! Videz les ballasts »... Mais qu'est-ce que ça peut bien vouloir dire ? Au-delà des termes techniques qui en imposent, les films de sous-marins fascinent. Ordonnancement militaire, obéissance aveugle, stratégie, un seul maître à bord avec parfois le poids du monde sur les épaules. Un sentiment de danger, un espace clos, étroit, réduit au strict minimum. La mer, froide et hostile, au-dessus des têtes. L'importance des sons et des silences. La solidarité. Des hommes qui se donnent corps et âmes à un vaisseau d'acier, une passion qui va jusqu'au sacrifice.
L'époque nous fait vivre dans des espaces réduits. D'où l'opportunité de ce top totalement subjectif, empathique et enthousiaste. Immersion. Avec un petit bonus final.

Hélène Lacolomberie - 18 mai 2020- La cinémathèque

  • immersion périscopique
  • torpille en approche ! 
  • sonar, quelque chose ? 
  • j'ai un contact, tout proche / j'ai un bruit d'hélice
  • c'est le capitaine qui vous parle
  • à vos postes de combat
  • lancez les contre-mesure 
  • branle-bas de combat
  • capitaine sur le pont / second sur le pont 
  • assiette à -5
  • chargez les tubes 1 et 2
  • plongée à 50 mètres
  • on approche de l'immersion d'écrasement 
  • on fait surface
  • on passe en situation acoustique opérationnelle 
  • fermez les purges
  • videz les ballast

Voici une présentation de 10 films de sous marins, de 1943 du "démon du sous marin" jusqu'au "Chant du loup" en passant par l'insubmersible œuvre de René Clément, les "Maudits" !

 

https://www.cinematheque.fr/article/1549.html

20000 lieues sous les mers

Voici une plongée à bord du Nautilus, au cœur des océans. Un périple de 20.000 lieues sous les mers, quelques  96.560,64 kilomètres ! Le film de Richard Fleisher avec  Kirk Douglas, James Mason et Paul Lukas est visionnable gratuitement.

 

C'est une réalisation classique qui reprend l'histoire du célèbre ouvrage de Jules Verne. En 1868 celui-ci,écrivait à Hetzel : «Si je ratais ce livre-là, je ne m'en consolerais pas. Je n'ai jamais eu un plus beau sujet entre les mains.». C'est est un grand succès pour cette aventure doublée d'un aspect pédagogique. Il est aujourd'hui le 5ème livre le plus traduit au monde (en 174 langues). 

 

Jules Verne y anticipe l'invention de l'éclairage électrique (1878) mais aussi des submersibles modernes à énergie nucléaires que l'auteur qualifie de "pouvoir dynamique de l'univers". Si le Nautilus de Fulton date de 1800, le premier véritable submersible ne verra le jour que quelques années avant l'ouvrage de Verne (1863). La culture des richesses sous marines deviendra opérationnelle au 20ème siècle  grâce notamment à Anita Conti. Le scaphandre autonome apparaitra avec Cousteau vers 1950.  Quant aux bagnes, il faudra attendre en France 1953 pour en voir la fermeture totale.  Jules Verne est, bien un des pères de la "science fiction" moderne.

 

Outre son caractère anticipateur 20 000 lieues sous les mers contient les ingrédients de tout bon roman de la mer : ambiance de ports, navires, matelots, chansons, accordéon, monstres marins, ressources halieutiques, île cachée (Vulcania), trésors engloutis et piraterie. Car Nemo est d'abord un pirate moderne, nihiliste. S'il est opposé au profits financiers basés sur l'exploitation des êtres humains et ennemi de l'argent, il coule les navires chargé de nitrate et de phosphate (pour la poudre à canon)  surtout par esprit de vengeance puisqu'il a lui même été bagnard. Ses valeurs philosophiques sont pragmatiques : le plus grand des trésors , dit-il, c'est un esprit sain et un ventre bien rempli". Valeurs plus pragmatiques que celle de Jules Verne qui a toujours défendu la cause abolitionniste et dénoncé les trafics auxquels se livraient certaines compagnies pour détourner les lois françaises de 1848.

 

Et pourtant, Nemo,  cet "homme étrange  habité par des forces gigantesques" continuera à nous faire longtemps rêver par son caractère exceptionnel et le maelstrom des aventures qu'il tente de maîtriser par son propre génie et les applications scientifiques.

 

Jean-Marie Quiesse

Mars 2020

 

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L'épopée du Casabianca

Le 27 novembre 1942, alors que la flotte française se saborde dans le port de Toulon après l’invasion de la zone libre par l’Allemagne, le commandant du sous-marin Casabianca, Jean L’Herminier, choisit de s’échapper afin de poursuivre le combat. Il rejoint Alger et met son navire au service des Alliés et du général Giraud. Entre 1942 et 1943, le Casabianca multiplie les missions périlleuses autour de la Corse. L’ultime survivant de l’équipage revient sur ces missions, détaillées à l’aide d’archives

Blaise Cendrars de Claude Pierre Chavanon et Miriam Cendrars

La chanson du batelier

"Un magnifique poème de Hervé Hyacinthe mis en images au fil de l'eau.

 

Ils battent les flots, les fleuves et les canaux

Et on ne les voit jamais que le pied à quai

Personne ne connait la chanson du marinier

Martelée au rythme d'un moteur régulier

Un bruit répétitif aux effluves de gasoil

Et ça cogne du cœur  jusque dans la cale

A la croisée des usines et des cathédrales

Des jours passés à noyer le temps et les paysages Une mélodie oubliée entre la Seine et l'Oise

Chante  batelier, les fleuves, les canaux, les rivières

Chante le refrain oublié du voyageur linéaire"

 

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La naufrage du Lusitania - Sinking of Lusitania

Le 7 mai 1915, le U-Boot 20 rencontre le Lusitania au large de l’Irlande. Il ne lui reste qu’une seule torpille et elle percute le paquebot. La marine britannique n’est jamais intervenue. Elle n'a  même pas signalé au capitaine la présence d’un danger. Les Britanniques ferment les yeux. Au cœur du navire, les munitions prennent feu provoquant, à la surprise des Allemands, une seconde explosion, bien plus importante. C’est celle-ci qui fera couler le bateau et 1198 passagers. Les assaillants affirment respecter le droit de la guerre puisque des armes transitaient secrètement à son bord. Le Royaume-Uni dément et il faudra attendre l’ouverture des archives en 1972 pour confirmer que les Allemands étaient dans leur bon droit.

 

En avril 1917, le président américain Woodrow Wilson déclare la guerre à l’Allemagne. Sur les murs des villes américaines, l’appel à la mobilisation s’accompagne d’un large titre rouge écarlate : « Souvenez-vous du Lusitania. »

 

Jean-Marie Quiesse - juin 2019

 

Source du texte Atlantico

Visionner Sinking of Lusitania

Les esclaves oubliés de l'île Tromelin

En 1761, l’Utile, un navire français, s’échoue sur l’île Tromelin, à 500 km des côtes de Madagascar et de celles de la Réunion.

 

A bord se trouvent quelque 160 esclaves malgaches, dont la moitié se noie. L’équipage repart, abandonnant les captifs sur l’îlot désert. Une extraordinaire histoire, reconstituée notamment grâce à l’archéologie.

L'odyssée du sous-marin Nerka

Un film (1958) de Robert Wise Avec Clarke Gable et Burt Lancaster... En 1942, un sous-marin américain, dirigé par un jeune commandant assoiffé de vengeance, ceci après un échec devant bâtiment de guerre nippon, alors le commandant va changer de stratégie. Il s'attaque à un navire japonais invincible, au mépris des risques.

 

Un des meilleurs film d'attaque sous-marine.

 

L'odyssée des forçats de la mer

"L'Odyssée des forçats de la mer", un documentaire de 84 minutes était diffusé lundi 7 janvier 2019 sur France 3.  Il raconte l'histoire de la grande pêche sur les bancs de Terre-neuve, entre la fin de la seconde guerre mondiale et l'arrêt de cette activité, dans les années 1980.

Après la guerre, des flottes de chalutiers de haute mer partent de Fécamp, Saint-Malo, La Rochelle ou Bordeaux pour pêcher le cabillaud sur les grands bancs de l'Atlantique nord. Constitué d'images d'archives tournées par les marins eux-mêmes, le documentaire retrace l'histoire des équipages de ces navires. Il raconte les campagnes de pêche qui duraient des mois, dans des conditions éprouvantes, au large de Terre-Neuve. Pendant ce temps, leurs femmes, restées à terre, vivent dans l'angoisse de perdre leurs époux ou leurs enfants pendant les furieuses tempêtes de l'Atlantique nord.

 

Voir le film France 3

Kalymnos, l'île des pêcheurs d'éponge

En 1962, ils plongent couramment jusqu'à 60m dans des scaphandres en mauvais état ou sans équipement aucun, avec simplement de l'huile d'olive dans les oreilles pour éviter les problèmes de tympan. 10 à 12% de paralysies à chaque campagne. Depuis les techniques se sont améliorées mais les éponges se sont raréfiées...

 

Visionner pêcheurs d'éponges (Jacques Villa 1962)

Pêcheurs d'éponges en mer Egée

Film grec

Terre Neuvas

Fécamp fut jusque avant la guerre de 1939-45, le premier port de France pour la pêche à la morue à Terre-Neuve et en Islande. Cette activité en générait un grand nombre d’autres : sécheries, saleries, saurisseries, fabriques de cordages et de biscuits de mer, chantiers de constructions de navires, huileries, fonderies, commerce du bois… Au lendemain de la guerre, cette industrie ne résista pas à la modernisation et à la concurrence internationale…On sait qu’après avoir été pêchée en canot à « la ligne », les morues étaient ramenées sur le terre-neuvier et jetées sur le pont. Les marins vidaient le poisson, lui coupaient la tête, ôtaient l’arrête centrale, les mettaient à plat, le salaient et l'empilaient dans la cale. Lorsque les cales étaient pleines, le navire mettait le cap sur Fécamp. D’où cette opération de déchargement en vue de la commercialisation. Cette activité ne résistera pas, quelques années plus tard, à l’arrivée des chalutiers-usines où le poisson sera préparé, emballé et congelé sur place. Autrefois met très populaire et bon marché, la morue a subi les contrecoups de l’industrialisation et des restrictions de pêche. La morue est aujourd’hui presque devenue un poisson de luxe.
1969 - Leroy Yves et Jean Martin le film

Boulevard du rhum

 

1920, la prohibition. Cornelius, un marin dessalé trafique de l'alcool de la Jamaïque pour la trop sobre Amérique. A la suite d'un assaut des garde-côtes, il se réfugie au Mexique et fait fortune en une nuit dans un « jeu de l'aveugle » - ou comment se faire canarder dans le noir par d'oisifs ivrognes pour un paquet de dollars. Quelques bagarres plus tard, il entre par hasard dans un cinéma, où, sur l'écran, Linda Larue bat des cils, à moitié nue. Le baroudeur des mers chavire pour la star du muet. Un jour, sur une plage, elle est là, ­devant lui, en chair et en os. Ils ne sont pas au bout de leurs aventures amoureuses, facétieuses et maritimes... (critique de G Ocino dans Télérama)

 

 

1971 Réalisé par Robert Enrico avec Lino Ventura, Brigitte Bardot, Guy Marchand

 

Présentation du Boulevard du rhum

A ne pas mettre dans toutes les mains : Querelle de Brest

Voici un film sulfureux et très controversé sorti en 1982. Querelle de Brest est avant tout un puissant roman de Jean Genêt. "Le matelot Querelle, son frère Robert, le petit Gil Turko, Madame Lysiane, patronne de La Féria, Nono le tenancier, l'inspecteur Mario, tous les protagonistes du drame naissent pour Jean Genet du brouillard de Brest, du soleil qui dore faiblement ses façades, et de la mer semblable au mouvement intérieur très singulier qui anime l'écrivain" (Babelio)

C'est aussi un grand film, le dernier  de Faasbinder : "Le chef de file du nouveau cinéma allemand compose un univers halluciné et dérangeant dans un Brest de bars et de bordels, pour une adaptation magistrale qui sera son dernier film." (Babelio)

 

Réservé aux adultes avertis : Querelle de Brest

Pandora

Pandora fut, dit-on,  la première femme, créée par Zeus pour se venger de Prométhée qui lui avait ravi le feu. Créature parfaite elle fut dotée de nombreuses qualités : habileté, élégance, talent musical, art de la persuasion, curiosité et... jalousie. Il lui fut confiée une boîte que sa curiosité poussa à ouvrir. Las, il en sortit des calamités : vieillesse, maladie, guerre, famine, misère, folie, mort, vice, tromperie, passion, orgueil. 

Mais l'espérance faisait partie du lot !

 

Le Hollandais volant est un bateau fantôme légendaire qui parcourt les mers. Il est dit dans le film que le Capitaine serait délivré de sa malédiction si une femme l'aimait et se sacrifiait pour lui...

 

Un magnifique film d 'Albert Lewin sur une moderne Pandora et sa rencontre avec le capitaine du Hollandais Volant !  Tourné en 1951 à Tossa de Mar c'est le premier film en couleur de Ava Gardner.

 

Visionner Pandora sur Youtube

Visionner Pandora sur Arte

Naufrage du Titanic

Le naufrage du Titanic. Un montage de Michiyo Fujiwara et Jefon Martinez

Bon bain !

 

https://www.youtube.com/watch?v=n5m6_xQNcOQ

Moby Dick - La fin d'Achab

Moby Dick terrifie le commun des mortels. Mais Achab est déjà un Dieu à sa façon, « un grand impie divin » selon le mot du capitaine Pileg, un véritable seigneur des mers qui ne peut souffrir une telle rivalité. Achab veut dominer les eaux en monarque absolu et, pour se faire, il doit occire la diabolique baleine qui jadis l’a vaincu. Le vieil homme tire sa rancœur et sa force de sa jambe fantôme remplacée par un morceau d’ivoire. Chaque pas qu’il fait sur le pont du Péquod lui rappelle la fin unique vers laquelle il tend.

Avant l’ultime assaut contre le monstre, Achab se fait forger un nouveau harpon qu’il « sanctifie » dans le sang de trois païens : Tashtego, Queequeg et Dagoo. Dans son délire mystique, il révèle la véritable nature du surhomme : « Ego non baptismo te in nomine patris, sed in nomine diaboli / Je ne te baptise pas au nom du Père mais au nom du Diable. » L’homme-Dieu doit littéralement être compris comme un antéchrist : un faux prophète qui viendra singer la véritable transcendance.

 

Source revue Philitt

A visionner ici

The Sailor from Gibraltar / Le Marin de Gibraltar (1967) de Tony Richardson

 

Après Mademoiselle (1966), Le Marin de Gibraltar est le deuxième film de Tony Richardson, d’après Marguerite Duras, avec Jeanne Moreau. Le réalisateur britannique y effectue de nouveau un rapprochement entre Nouvelle Vague et Free Cinema et ici, le pont est davantage franchi que dans Mademoiselle. En effet, Richardson parvient enfin à retrouver cette liberté si particulière qui faisait alors la force des films français de l’époque, de Truffaut ou de Godard.

 Le début du Marin de Gibraltar nous fait penser au Voyage en Italie (1954) (ceci n’est d’ailleurs pas étonnant, étant donné que le Free Cinema se réclame ouvertement de la filiation avec le néo-réalisme italien). Ainsi, il s’agit de l’histoire d’un couple de Britanniques qui part en vacances en Italie. Comme dans le film de Roberto Rossellini, les deux amants, au lieu de se rapprocher par une expérience commune, vont finir par se séparer. De même, les musées antiques, le tourisme et l’éclatant soleil ne vont pas apporter la joie dans le ménage déjà en perdition.

Les mutins du Yorik

Dans les pas d'un jeune marin épris de liberté, un film d'aventures empreint de réalisme, qui ouvrit au jeune Horst Buchholz les portes d'Hollywood. Une production des studios UFA, lointainement inspirée du roman "Le vaisseau fantôme" de l'écrivain allemand B. Traven.

 

À Anvers, le jeune Américain Philip Gale, matelot à bord d'un cargo, se fait dérober son carnet maritime et son argent par sa conquête de la nuit. Revenu au port après le départ de son navire, il échoue à s'embarquer, faute de papiers, sur un autre bateau. Il décide alors de gagner le sud de la France, dans l'espoir de trouver un capitaine peu regardant sur les règlements de navigation. Après une courte idylle avec une jolie Française, il est attiré par de fausses promesses à bord du Yorik, un épouvantable rafiot se livrant à la contrebande d'armes entre Marseille et l'Afrique du Nord. Contraint de faire le soutier dans la dangereuse salle des machines, il se lie d'amitié avec son compagnon de misère, Lawski, un Polonais, qui comme lui n'a qu'un désir : échapper à l'enfer du Yorik… (Texte Arte 2018)

 

Voir Les mutins du Yorik sur Arte